Artistes en Résidence

Rina Tsou
2018/2.1-2018/7.15
Artiste


Rina Tsou a grandi à Taïwan et aux Philippines et c’est de cette double expérience culturelle que se nourrit sa création cinématographique, comme dans son court métrage Arnie, dont le scénario met en scène des pêcheurs philippins à Taïwan et qui était en compétition en 2016 à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes ainsi qu’aux Golden Horse Awards de Taïwan. Durant sa résidence à la Cité des Artistes, Rina Tsou voudrait non seulement mettre la main à un premier scénario de long métrage, mais aussi procéder à des échanges de vues avec les artistes de toutes disciplines en résidence afin de découvrir de nouveaux modes narratifs et de s’engager, avec un esprit de totale ouverture, dans une création collaborative et interactive.

Chen Yan-Bin
2018/2.1-2018/7.15
Artiste


Aborigène taïwanais, Chen Yan-Bin exerce ses talents de créateur dans les arts de la scène. Son travail récent de performances, de scénarios et de création couvre des domaines aussi divers que la vidéo, le théâtre et la danse, ce qui lui a valu le surnom d’« ogre de la création artistique ». Sous son visage aux airs de patriarche se cache une âme toute de simplicité et de naturel. De même, dans le langage scénique contemporain par lequel il s’exprime transparaissent toujours des éléments portés par l’esprit de la tradition. C’est sur la base d’une dialectique permanente entre contemporanéité et tradition que le contexte fondamental de ses œuvres se constitue tout en générant un questionnement extérieur. Dans son adaptabilité, le langage créatif de Chen Yan-Bin vise à mettre en lumière et rendre sensibles les tropismes et les penchants humains. En même temps, Chen Yan-Bin trouve son inspiration dans le monde naturel et prend la grande Nature pour maître.

Ses créations ont été à plusieurs reprises sélectionnées pour les Taishin Arts Awards et autres concours d’importance ; elles ont aussi été présentées dans de nombreux festivals artistiques. Ses œuvres de la série « Peuples aborigènes » tout particulièrement ont suscité un grand intérêt et fait l’objet de multiples analyses.

Chen Yi-En
2018/2.1-2018/7.15
Artiste


« Si dans la vie il y a de nombreux sentiments et impressions impossibles à exprimer par des mots, alors dansons ! »

Après tout juste trois années passées comme danseur professionnel, Chen Yi-En se tourne à nouveau vers la création. Soucieux d’y mêler la vie dans toute sa subtilité et son immédiateté, il aspire à produire des œuvres en lien direct avec le moi du performeur, des œuvres dans lesquelles puissent être préservées toutes les émotions prégnantes qui marquent nos existences dans leur diversité. En associant actes de la vie quotidienne, attitudes courantes et expression corporelle, il explore un espace chorégraphique où s’actualise l’identité du moi de l’homme contemporain, non sans rester ouvert dans ce travail de création aux échanges d’idées et à diverses options porteuses d’évolutions.

Lin Shih-Chieh
2017/8.1-2018/1.15
Artiste


Le recours à l’image par Lin Shih-Chieh traverse son œuvre, depuis le film jusqu’à la création de vidéos. Les thèmes de prédilection de l’artiste sont les interactions entre mémoire individuelle, monde onirique, paysages et histoire. Ses créations sont souvent élaborées à partir d’images documentaires préexistantes et présentant une réalité dans laquelle il explore la possibilité de faire surgir la fiction pour créer ainsi des multivers visuels.

Pour sa création en résidence, Lin Shih-Chieh s’inspire de la Description historique et géographique de l’île de Formose, célèbre imposture de 18e siècle de George Psalmanazar. Il fait appel au concours des visiteurs parisiens pour dessiner avec eux les contours d’une imaginaire île de Formose.

Niu Chun-Chiang
2017/8.1-2018/1.15
Artiste


Dans ses œuvres, Niu Chun-Chiang excelle à traiter de « la nature intrinsèque de l’existence ». S’attachant à la notion de « relations », il en trouve la marque dans des convergences et affinités invisibles du quotidien, dans la subtilité des rapports interhumains, dans la conscience individuelle et dans la conscience collective. Il s’efforce de dépasser la dimension historique pour élaborer, par le biais de créations de styles et structures variés, un questionnement à la fois méticuleux et holistique.

Ses œuvres ont été sélectionnées pour des festivals artistiques et cinématographiques de Taïwan, des États-Unis, de France et de Hollande. Elles ont en outre été présentées à Berlin, Istanbul, Tel-Aviv, Mexico, Séoul, Pékin et Shenzhen. Sa création vidéo Bien qu’elles ne soient jamais rencontrées a obtenu à Taïwan le prix du Meilleur film expérimental lors des 35es Golden Harvest Awards.

Wang Hsiang-Ling
2017/8.1-2018/1.15
Artiste


La plupart des œuvres de Wang Hsiang-Ling portent principalement sur l’expérience de la vie. Elles suscitent ordinairement chez le spectateur un certain sentiment de distanciation, par une étude en profondeur de l’existence humaine et des changements qui l’affectent et en s’attachant à la nature intrinsèque des choses. L’œuvre intitulée Changement qualitatif a pour sujet principal la nature sous la forme d’un assemblage de 12 photographies. Elle s’efforce de mettre de côté les relations symbiotiques complexes qui existent entre les individus pour mieux mettre en lumière le ressenti réel de l’individu confronté à la solitude, et également le fait qu’à partir de la vie réelle naît l’expérience de la nature profonde de la solitude.

程仁珮 CHENG JEN-PEI
2017/2.1-7.15
Artiste


Cheng Jen-Pei porte une attention particulière aux rapports existant entre les coutumes alimentaires et la mémoire historique. C’est à partir de ses observations sur les us et coutumes de lieux divers et en recourant à des media variés qu’elle crée, sous la forme d’enregistrements et de performances, un espace où le visiteur est amené à réfléchir sur la diversité culturelle. Son travail d’exploration ne se limite pas aux aliments ou à la façon de les cuisiner, mais il comprend aussi l’agriculture des produits concernés, leur transport, les processus de transformation, l’histoire de l’industrie alimentaire, les aliments sous leur aspect politique, les migrations de population et bien d’autres éléments constitutifs d’une culture de l’alimentation.

Sous le titre « Vos plats, Mes recettes », elle a lancé ces dernières années un travail de création centré sur l’identité nationale et la culture alimentaire. Il s’agit d’un projet ouvert au public qui permet à une personne quelconque de déguster gratuitement un repas avec l’artiste. Celle-ci s’entretient préalablement avec les participants à sa performance, puis, au gré de sa seule imagination, prépare un plat de « chez eux ». Tout en mangeant avec eux, elle prend des photos et fait des enregistrements vidéo de tout le déroulement du repas, avec une focalisation particulière sur les aliments et la mémoire. Durant sa résidence en pays étranger, elle poursuit ce travail afin d’enrichir sa documentation par la rencontre de nationalités encore plus diverses.

L’axe principal de son travail en résidence consiste à rechercher des aliments en voie de disparition. Il se peut que ce soit une question de transmission interfamiliale ou bien encore d’uniformisation, ou de mixité croissante, de la culture alimentaire qui conduit à la disparition des modes d’alimentation traditionnels.

連珮如 LIEN PEI-JU
2017/2.1-7.15
Musicienne


Le jeu de luth pipa de Lien Pei-Ju est profondément marqué par le style shanghaïen de Pudong. L’artiste n’excelle pas seulement à interpréter sur son instrument des morceaux traditionnels, mais elle s’intéresse aussi à d’autres horizons musicaux, classique aussi bien que contemporain, d’interprétation aussi bien que de composition. Elle a déjà eu l’occasion de participer à la création de nombreuses œuvres remarquables dans des domaines variés : musique chinoise traditionnelle, opéra chinois, théâtre, cinéma, musiques du monde et pop.

En sa qualité d’instrumentiste contemporaine, Lien Pei-Ju s’inspire de la technique instrumentale de « l’école » shanghaïenne de Pudong pour composer des morceaux taïwanais contemporains dans lesquels elle adapte technique et timbre de la musique traditionnelle, « lettrée et martiale », pour pipa. Utilisant au mieux les grandes possibilités d’expression dramatique du pipa, elle fait de ses interprétations presque des tableaux visuels. Son séjour en résidence doit lui permettre de collaborer et d’échanger avec des artistes vivant à Paris et également de créer de nouvelles œuvres contemporaines. Si elle cherche à établir des contacts avec le milieu de la musique, elle recherche également des ouvertures transdisciplinaires : avec l’art vidéo, les arts visuels, l’architecture, la danse, la peinture, etc.

王瀅絜 WANG YING-CHIEH
2017/2.1-7.15
Musicienne


Wang Ying-Chieh s’emploie depuis plusieurs années à ouvrir sur d’autres domaines la composition et l’interprétation d’œuvres pour erhu. Pour ce faire, elle collabore non seulement avec des compositeurs, des orchestres symphoniques, des ensembles de musique de chambre, des instrumentistes électro, d’accordéon, de guitare, de violon, de piano, de flûte coréenne, mais aussi avec d’autres formes d’expression artistique telles que portées par des peintres, des danseurs, des acteurs, des artistes sonores. Elle a pour intention d’ouvrir de nouvelles voies de création en s’aidant de toute la palette des formes propres aux arts de la scène visuels ainsi que d’éléments empruntés à des cultures différentes, et aussi par une nouvelle approche du erhu dans son essence et dans ses origines.

L’art avant-gardiste et la musique contemporaine tels qu’ils s’épanouissent à Paris constituent un puissant attracteur pour Wang Ying-Chieh. En outre, l’intérêt, voire la fascination des Français pour la culture extrême-orientale traditionnelle lui font ressentir plus fortement encore le charme et l’originalité de cet instrument qu’est le erhu. Son langage et son timbre irremplaçables, la grande richesse et diversité de ses formes d’expression, qui lui viennent des différents interprètes et compositeurs qui se sont intéressés à lui, sont au cœur du travail de Wang Ying-Chieh, toujours soucieuse et heureuse de faire partager au plus large public possible le plaisir que lui procure cet instrument. À Paris, par le biais d’improvisations avec d’autres artistes, par celui de coopérations transversales ou encore par des commandes de création, elle souhaite donner à un nombreux public l’occasion d’apprécier la beauté de la musique de erhu.