Anthologie historique de la prose romanesque taïwanaise moderne

Présentation de l’Anthologie historique de la prose romanesque taïwanaise moderne suivi de projection de deux documentaires sur deux écrivains Lin Hai-Yin et Wang Wen-Xing

Lauréats du Prix culturel franco-taïwanais de l’Académie des sciences morales et politiques, Isabelle Rabut, professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales, et Angel Pino, professeur à l'université Bordeaux Montaigne, viennent de publier en France les deux premiers volumes d’une Anthologie historique de la prose romanesque taïwanaise moderne établie sous leur direction. Cet ouvrage, fruit de quelque trois années de travail consacrées par ces deux éminents sinologues et sept traducteurs confirmés à la traduction, au collationnement et à la relecture rigoureux des textes, marque une nouvelle étape dans la diffusion de la littérature taïwanaise à l’étranger grâce à la traduction. Deux autres volumes sont en préparation et viendront compléter cette Anthologie des nouvelles taïwanaises pour la période allant de la colonisation japonaise à la fin du 20e siècle. Les deux premiers volumes, parus en décembre dernier et intitulés Le petit bourg aux papayers et Le cheval à trois jambes, titres respectifs de nouvelles de Long Yingzong et Zheng Qingwen, présentent un panorama de la littérature taïwanaise moderne depuis la colonisation japonaise jusqu’à l’après-guerre, notamment les années 1950 et 1960 où cette littérature connut un essor effréné marqué par l’avènement du courant moderniste. Les troisième et quatrième volumes, à paraître en 2018, montreront l’évolution de la littérature taïwanaise depuis les années 1970 jusqu’à la fin du siècle. L’Anthologie historique de la prose romanesque taïwanaise moderne est le premier recueil d’œuvres littéraires taïwanaises traduites en français qui, grâce à un choix judicieux de nouvelles, permet d’avoir une vue d’ensemble directe de la littérature taïwanaise au cours des différentes étapes et transformations qu’elle a connues au 20e siècle. A travers les œuvres présentées, elle offre au lecteur francophone la possibilité de comprendre en profondeur la société taïwanaise dans toute sa complexité historique et sa diversité, d’autant qu’Isabelle Rabut et Angel Pino ont pris soin, d’une part, d’analyser avec précision dans la préface générale les courants qui traversent la littérature taïwanaise moderne et, d’autre part, de rédiger pour chaque œuvre une éclairante notice biographique sur son auteur. Cette anthologie offre une riche matière pour les cours universitaires sur la littérature taïwanaise et constitue un indispensable ouvrage de référence pour tous les étudiants et chercheurs. Les deux premiers volumes présentent des œuvres de Lai He, Yang Kui, Zhang Wenhuan, Long Yingzong, Wu Yongfu, Lü Heruo, Wang Changxiong, Zhong Lihe, Lin Haiyin, Chen Qianwu, Zheng Qingwen, Bai Xianyong, Guo Songfen, Wang Wenxing et Wang Zhenhe. Avec les nouvelles de Lai He (« Une balance »), de Yang Kui («Le Livreur de journaux»), Zhang Wenhuan (« Le Chapon »), Long Yingzong («Le petit bourg aux papayers»), c’est la littérature taïwanaise de l’époque coloniale japonaise qui est pour la première fois rendue accessible au lecteur francophone. Isabelle Rabut et Angel Pino présenteront l’ Anthologie historique de la prose romanesque taïwanaise moderne au public le dimanche 12 février à 14h30 dans l’auditorium du Bureau de Représentation de Taïpei en France. Lors de cette présentation seront projetés un petit film Le livreur de journaux, adapté de la nouvelle de Yang Kui, et deux documentaires, Une vie entre deux villes et À la recherche de la liberté dans l’écriture, consacrés respectivement aux écrivains taïwanais Lin Haiyin et Wang Wenxing. Le lancement en librairie aura lieu le samedi 18 février à 17h, à la librairie Le Phénix, également en présence des directeurs et traducteurs de l’anthologie: Isabelle Rabut et Angel Pino. Présentation de l’Anthologie et projection des films : Le livreur de journaux, adapté de la nouvelle de Yang Kui et réalisé par Cheng Wen-Tang (2015, 25’, vosta) ; Une vie entre deux villes (Lin Hai-Yin)/ Documentaire de Yang Li-Chou (2011, 55’, vostf) ; À la recherche de la liberté dans l’écriture (Wang Wen-Xing)/ Documentaire de Lin Jing-Jie (2011, 1h43’, vostf) Le 12 février à 14h30 au Bureau de Représentation de Taipei (78, rue de l’université, 75007 Paris) Entrée libre sur réservation : par téléphone : 01 44 39 88 66 par email : contact@ccacctp.org le petit bourg aux papayers En 1895, Taiwan devient possession japonaise. Le japonais s’impose peu à peu comme langue d’écriture, et le mouvement kôminka enclenché en 1937 accélère l’acculturation des élites taïwanaises. La littérature en langue vernaculaire qui naît sur l’Île au milieu des années 1920 dans le sillage du mouvement de la Nouvelle Culture est profondément marquée par le contexte colonial: les thèmes de l’oppression et de l’injustice sociale y tiennent une place essentielle, qui lui confère une tonalité de gauche très prégnante ; mais on y lit aussi, surtout à partir des années de guerre, le désarroi des jeunes gens déchirés entre leurs racines taïwanaises et la fascination d’un Japon symbole de modernité. C’est ce tableau mouvant et complexe que la présente anthologie s’est e orcée de rendre sensible : à côté des classiques incontournables que sont devenus «Une balance», de Lai He, ou «Le Livreur de journaux», de Yang Kui, elle donne la parole à des auteurs moins connus comme Wang Changxiong et Wu Yongfu, dont les textes exposent les doutes qui taraudaient nombre de Taïwanais au cours des années 1930 et 1940. Textes de Lai He, Yang Kui, Wu Yongfu, Lü Heruo, Long Yingzong, Zhang Wenhuan et Wang Changxiong, traduits du chinois ou du japonais par Sonia Au Ka-lai, Mélie Chen, Tan-ying Chou, Gérard Henry, Charlotte Malo-Masuda, Angel Pino et Isabelle Rabut, et édités par Angel Pino et Isabelle Rabut. 382 pages, 25 € le cheval à trois jambes En 1945, le gouvernement nationaliste de Tchiang Kai-chek reprend possession de Taiwan. La grande migration consécutive à sa défaite en Chine amène de l’autre côté du détroit plus d’un million d’exilés du Continent. Les écrivains taïwanais sont marginalisés et l’interdiction faite d’utiliser le japonais réduit au silence nombre d’entre eux. Un climat politiquement lourd s’installe sur l’Île, placée sous le régime de la loi martiale pour de longues années. La littérature parvient cependant à s’a ranchir des thèmes imposés de la lutte anti-communiste, et la n des années 1950 voit éclore un courant moderniste très ouvert sur l’Occident, cependant que des auteurs du cru recommencent à se faire entendre dans des œuvres imprégnées de couleur locale et de réalisme. Le choix proposé ici, qui rassemble des écrivains tous nés avant 1945, mêle ces di érentes voix, souvent graves, plus rarement teintées d’une touche d’humour: voix du déracinement, voix de la détresse sociale dans un monde qui bouge, voix obsédante du souvenir, voire de la mauvaise conscience, pour ceux qui se rappellent que Taiwan fut japonaise pendant un demi-siècle. Textes de Zhong Lihe, Lin Haiyin, Chen Qianwu, Zheng Qingwen, Bai Xianyong, Guo Songfen, Wang Wenxing et Wang Zhenhe, traduits du chinois par Sonia Au Ka-lai, Gérard Henry, Marie Laureillard, Charlotte Malo-Masuda, Sandrine Marchand, Angel Pino et Isabelle Rabut, et édités par Angel Pino et Isabelle Rabut. 334 pages, 25 €