Le réalisateur King-Hu a grandi à Pékin dans un environnement familial pétri de culture. Son grand-père, Hu Jing-Gui, avait été Contrôleur général de la province du Shanxi à la fin du règne des Qing. Dès l’enfance, King Hu a été formé au chinois classique, à la peinture traditionnelle et à l’opéra de Pékin. Reconnu internationalement aussi bien comme auteur que comme réalisateur de films, il a été classé par l’International Film Guidebritannique parmi les cinq plus grands réalisateurs de films au monde. Il est à juste titre considéré comme le père fondateur du cinéma qui met en scène les arts chinois, particulièrement en raison de son rôle de pionnier comme réalisateur de films d’action en costumes traditionnels. S’inspirant de l’histoire et des légendes chinoises, il a su marier l’esthétique extrême-orientale avec des techniques contemporaines d’expression artistique et créer dans les années 1950-1960 un style et une esthétique uniques de films d’arts martiaux (wu-xia pian) par des références à la littérature classique et aux valeurs du bouddhisme Zen. Il a marqué tous les films d’arts martiaux qui ont été tournés après lui et il reste pour tous les jeunes réalisateurs une source d’inspiration et une référence incontournables. C’est grâce à l’énorme succès de box-office de L’Auberge du Dragon, qu’il avait tourné en 1967 à Taïwan, qu’il a pu réaliser un projet plus ambitieux avec A Touch of Zen.

Le tournage de A Touch of Zen lui aura pris trois ans et ce n’est même qu’en 1971 qu’a pu sortir la deuxième partie de ce vaste film. Avec le Grand prix de la Commission supérieure technique que lui a valu A Touch of Zen au Festival de Cannes 1975, King Hu a du jour au lendemain acquis une notoriété internationale. Bien qu’il disposât de moyens limités dans un environnement pas toujours propice, King Hu est parvenu à s’imposer comme figure tutélaire du renouveau stylistique et du succès du genre cinématographique des wu-xia pian. Son influence reste aujourd’hui encore très prégnante et profonde. Contrastant avec tous les paysages et environnements que les progrès techniques permettent au cinéma actuel de créer, les paysages de King Hu,composés comme des tableaux chinois traditionnels, sont à la fois irréels, hors du temps et nimbés d’une élégance et d’une poésie caractéristiques de la grande tradition lettrée.

Du 31 mai au 9 juin 2018, EYE, l’Institut néerlandais du film, organise une rétrospective consacrée à King Hu à l’aide de plusieurs films restaurés, L’Auberge du DragonUne Ville nommée Dragon, Légende de la montagne et A Touch of Zen, grands classiques remis à la disposition du public et qui permettront aux cinéphiles européens de découvrir ou de redécouvrir l’esthétique si particulière de ces films d’arts martiaux. EYE a en outre prévu de projeter le film Bu San , que le réalisateur Tsai Ming-Liang a tourné en hommage à King Hu,et aussi le film du célèbre réalisateur chinois Jia Zhang-Ke, A Touch of Sin, dont le titre indique qu’il est lui également un hommage à King Hu.

 

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