Lim Giong
Catégorie:SPECTACLES

Deux concerts de Lim Giong
Apéro taiwanais : Jardin digital / le 19 septembre à 19h00, entrée libre
CinéParty Hou Hsiao-hsien / le 22 septembre à 20h00, billeterie
au Divan du Monde, 75 rue des Martyrs 75018 Paris
CINÉ-PARTY HOU HSIAO-HSIENUn voyage onirique dans l’œuvre de Hou Hsiao-hsien revisitée par Lim Giong, son compositeur fétiche
le 22 septembre à 20h00, 12€
Locations: Fnac–Carrefour–0 892 68 36 22 (0,34€/mn)–www.fnac.com
Simple est la beauté
« Je n’ai pas une approche savante du cinéma de Hou Hsiao-hsien. Je ressens les émotions, intuitivement, et celles-ci trouvent un écho dans ma vie. J’ai découvert Un Temps pour vivre, un temps pour mourir pendant mon service militaire, j’ai aussitôt aimé. J’aime ses films, parce qu’ils me font réfléchir. Quand les souvenirs d’enfance se fondent à ma musique, ils en modifient légèrement la trame. La beauté naît ainsi de la simplicité. » -- Lim Giong
Personne n'a oublié la séquence d'ouverture de Millennium Mambo. Les cheveux défaits et les bras levés au ciel, une jeune fille court au ralenti sur un pont. Une ritournelle électro, enjôleuse et entêtante, accompagne cette virée insouciante. Signée Lim Giong, la musique plonge le spectateur dans un dédale de voix rêveuses et de percussions entraînantes. Chef de file de la scène électronique taiwanaise, chanteur, DJ, acteur et compositeur fétiche de Hou Hsiao-hsien, Lim Giong est un artiste complet, un touche-à-tout prolifique, aimant brouiller les cartes et décloisonner les genres. A l'occasion de la rétrospective « Chu Tien-wen et Hou Hsiao-hsien dans le nouveau cinéma taiwanais », le Centre Culturel de Taiwan à Paris s'associe au Divan du Monde pour vous proposer un ciné-concert exceptionnel mixé par Lim Giong, une immersion visuelle et sonore dans la filmographie de Hou Hsiao-hsien. Les yeux se délecteront de montages vidéo inédits, tirés de neuf long métrages du réalisateur : Three Times, Café Lumière, Millennium Mambo, Le Maître des marionnettes, La Cité des douleurs, Poussières dans le vent, Un Temps pour vivre, un temps pour mourir, Un Été chez grand-père et Les Garçons de Fengkuei.
Né le 7 juin 1964 à Chunghua (Taiwan), Lim Giong a su, au fil de ses rencontres et de son inspiration, inventer son propre langage musical. Entre avant-gardisme et tradition, sa discographie ne connaît aucune frontière. Elle flirte autant avec les douceurs pop, les grésillements du rock que l’intimité du folk, ou les boucles hypnotiques de la techno et de la drum’n’bass. Alors que sa voie de chanteur pop semblait toute tracée, Lim lui préfère des sentiers plus aventureux. Il s’essaie à un style plus expérimental, la techno et l’ambient. A l’aise avec les improvisations, inventif et facétieux, Lim Giong aime jouer avec les samples, les fragments. Le collage devient l’une de ses signatures maîtresses.
Il retrouve cette même liberté, cette même ébullition artistique chez le réalisateur Hou Hsiao-hsien. C’est pendant son service militaire qu’il découvre le film-manifeste du nouveau cinéma taiwanais, Les Garçons de Fengkuei. Le cinéma est alors sa deuxième passion. Les deux hommes s’entendent si bien que Hou finit par proposer au chanteur de jouer le rôle de Li Tien-lu jeune dans Le Maître des marionnettes. Leur collaboration ne s’arrête pas là. Lim apparaît dans deux autres films : Good Men, Good Women et Goodbye South, Goodbye. Il signe les bandes originales de Goodbye South, Goodbye, Millennium Mambo et Three Times, où s’entremêlent chœurs angéliques, chansons désarticulées, éclats de rock langoureux et fulgurances techno. On se souvient d’une renversante séquence de spleen motorisé dans Goodbye South, Goodbye, d’une boîte de nuit bleue et électrique, d’un DJ qui bat la mesure dans un appartement confiné, de notes de piano qui ressemblent à une pluie de larmes.
Collectionneur de sons, féru de belles images, Lim explore ce nouveau medium en composant plusieurs musiques de film. Il travaille notamment avec Jia Zhang-ke (The World, Still Life), étoile montante du cinéma chinois. En 2005, parrainé par MK2 et le Musée national du Palais à Taipei, Lim Giong présente lors du Movie-Mix à Cannes un concert ambitieux, un spectacle total inspiré du cinéma, du documentaire et de l’art classique chinois. Lim marie les nouvelles technologies au folklore taiwanais, l’électro à la chanson populaire, jongle avec les dialectes, superpose les couleurs, les textures.
Musicien ouvert à tous les possibles, d’une insatiable curiosité, Lim Giong titille les sens et l’imagination de chacun.
APÉRO TAIWANAIS : JARDIN DIGITALle 19 septembre à 19h00, entrée libre
Musique Lim Giong | Visuel Blaireko, Chen Po-kuang, Chang Hsi-ju, Rong Jye
Atmosphère, atmosphère
Chez Lim Giong, rien n’est figé. Déliée, déroutante, désinvolte, décomplexée, sa musique refuse toute barrière et toute étiquette. Au contraire, elle se nourrit de l’imprévu et des mariages incongrus. Abreuvé de sonorités mystérieuses et de lumières caressantes, son « Jardin digital » est une oasis hypnotique, un palais flottant où l’imagination est reine. Inspiré par les métaphores florales, à l’affût du moindre frémissement – des bourgeons qui s’affolent, des graines qui s’agitent sous terre –, Lim cultive un jardin paisible, cueille des notes harmonieuses, des émotions diffuses, des éclats de voix et d’images, qui meurent et renaissent, indéfiniment.
Hanté par les créations visuelles de Blaireko, ce « Jardin digital », baptisé aussi « Seeds of Light and Sound », propose une fascinante immersion dans les arabesques et les replis capricieux de la musique électronique. Ce projet à quatre mains invite à une réflexion sur l’homme et la nature, les liens qui les unissent, établit un dialogue poétique entre la musique et l’image, en perpétuelle effervescence. Matières organiques et textures végétales se répondent, se superposent et s’entremêlent. Médiateur sensible, Lim Giong ouvre des passages secrets, jette des passerelles entre les êtres et les mondes.
Lors de la rencontre entre les organisateurs et les artistes taiwanais, il est apparu que si les modes d’expression étaient différents, plusieurs champs de recherche artistiques étaient partagées. Le travail autour des matières organiques et des univers végétaux, métaphores des matières sonores et visuelles, a amené le thème central du « jardin digital ». Jardin d’échanges à cultiver…
Lim Giong avait à ce moment là déjà appelé son projet de performance « Seeds of Light and Sound ». Le jardin était né. Voici ce que l’artiste dit de sa performance:
« La musique commence – bourgeonnement.
« Puis les rameaux s’entrecroisent et deviennent des branches.
« Apparaissent alors les feuilles de couleurs différentes.
« Puis les bourgeons s’ouvrent pour devenir des fleurs multicolores.
« L’agitation sonore fait voltiger les fleurs qui se déposent sur la terre.
« En remontant le long du tronc, en regardant les branches, on aperçoit alors des fruits de toutes sortes. C’est la force vitale de l’univers et des êtres vivants qui s’exprime à travers eux.
« Un tressaillement, les fruits se détachent et se fissurent, laissant apparaître des graines.
« La pluie tombe et imprègne la terre de ces graines, qui à leur tour commencent à germer.
« Le cycle recommence.
« La musique est un appel, une réflexion pour nous rappeler que tout l’univers respire d’un même souffle. Ma musique traverse l’espace et les images choisies interpellent l’imaginaire pour nous rappeler ce lien qui unit tous les êtres vivants, afin d’aimer et de vivre en harmonie avec naturel et spontanéité.
« Des graines bien cachées au fond de nous pourraient un jour naître…
Les Vidéastes
M. Chen Po-kuang, vidéo jockey, est diplômé de l’Université de Shih Chien à Taiwan. Il a participé à de nombreuses expositions aux Etats-Unis, en Australie, en France, en Italie et en Chine ainsi qu’à la compétition annuelle « Golden Horse Film festival » à Taipei.
M. Rong Jye, vidéo jockey, est diplômé de l’université de Shih Chien à Taiwan, et d’un master en art et design à l’Université de Tsukuba au Japon. Participant à divers festival à Taiwan, il exerce aussi au Japon dans des expositions ou défilés.
Melle Chang Hsi-ju, jeune vidéo jockey, elle fait ses preuves dans divers festivals, expositions, évènements internationaux.