14e Festival de l’Imaginaire 2010-Exposition des artistes taïwanais

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Dans le cadre du 14e édition Festival de l'Imaginaire, organisé par la Maison des Cultures du Monde, le Centre Culturel de Taïwan à Paris aura le plaisir de vous inviter à découvrir trois artistes plasticiens taïwanais, avec l'exposition intitulée "Généalogie culturelle plurielle".

Du 10 mars au 10 février 2010
Ouvert du mardi au samdi de 13h au 19h
Galerie Frédéric Moisan
72, rue Mazarine, 75006 Paris
Tél : 01 49 26 95 44
www.galerie-fmoisan.fr

Généalogie culturelle plurielle
Cette exposition propose de poser un regard anthropologique, plus ontologique qu'ethnique, sur trois tendances de la création plastique taïwanaise. Les trois artistes présentés ont en commun d'avoir été déjà remarqués lors d’expositions importantes aux Etats-Unis et en Europe. Ce cosmopolitisme leur permet de mettre en perspective la singularité de la culture taïwanaise tout en soulignant sa présence sur la scène internationale.

Les affinités entre ces artistes ne se situent pas dans leurs modes d’expression, très divers, qui impliquent aussi bien la peinture que la photographie ou l'installation, mais plutôt dans l’esprit qui anime leur travail, le souci de définir une culture propre, la controverse sur la notion de « localité ». Confrontés à d'autres cultures, ces artistes s'interrogent sur l’identité de la culture taïwanaise dans ses dimensions politiques, religieuse, voire jusque dans ses coutumes locales.

HUNG Tung, est le tenant d’un art brut spécifiquement «taïwanais». Son style très personnel mêle indifféremment l’architecture, les rituels sociaux, l’opéra taïwanais ou les spectacles de marionnettes qu’il associe à des proverbes et des dictons populaires. Derrière une apparence primitive, ses œuvres témoignent de la vigueur de son talent créateur.

HOU Chun-Ming revisite avec délicatesse et pudeur les formes et les symboles des légendes et des mythes. Tantôt cynique, tantôt poétique, l’artiste livre, non sans provocation, une émouvante confession dans des dessins où la quête d’une autre éthique du corps prend forme.

MEI Dean-E revisite le passé en puisant dans ses collections de photographies de la guerre froide et de la colonisation japonaise. Ses travaux de retouchage de clichés anonymes sont l'expression d'un regard critique sur les multiples facettes de la culture taïwanaise, son penchant régionaliste et une mémoire collective en voie de disparition.

Témoignages passionnants de la diversité de la création taïwanaise, ces visions artistiques révèlent la singularité d'une culture en quête d’une généalogie culturelle plurielle.

Chen Chih-Cheng
Directeur du Centre culturel de Taïwan à Paris


Exposants

- HUNG Tung 洪通
Né en 1920 à Tainan, Taiwan, mort en1987.

hung
HUNG Tung 洪通 (1920-1987)
« Sans titre»
無題
peinture sur plaque de sucre à canne, 60x125 cm, c.a.1973-1974.
油彩、甘蔗板,約1973-4

Né dans une famille de paysans très pauvre et sans aucune approche académique artistique, HUNG Tung s’est décidé de se consacrer à la peinture à l’âge de 50 ans. En 1972, après avoir effectué des apprentissages sommaires dans un atelier de peinture à Tainan, il a eu l’idée de montrer un jour ses œuvres à l’occasion d’un concours de photographies d’amateurs qui a eu lieu devant le plus grand temple de la région. Découvert ainsi par un journaliste de passage qui lui a consacré par la suite un article dans un magazine de distribution nationale, il s’est fait très vite reconnaître dans toute l’île, et a soulevé ensuite les débats sur la question d’un art proprement dit “ taïwanais ”. Malgré sa popularité qui l’a amené jusqu’à exposer à New York, au Centre culturel de Taiwan, HUNG Tung se tenaient pourtant à l’écart du public pour se dédier uniquement à la peinture. Pendant les dizaines d’années de création, l’artiste refusait toujours de vendre ses œuvres et a gradé ainsi environ trois cent tableaux jusqu’à sa mort.

Les sujets de prédilection de HUNG Tung sont des portraits, des fleurs, des oiseaux, des arbres, des bateaux ou des avions, et il peignait aussi parfois l’architecture, les rituels ou des événements qui se tenaient autour du temple, tels l’opéra taïwanais et les spectacles de marionnettes. Il les mélangeait également avec des proverbes ou des dictons populaires, et souvent avec un esprit très enfantin et plein d’imagination. Ses peintures sont dotées d’une palette très vive, sans aucun souci de perspective ou de proportion; les traits sont très simples mais non sans intérêt esthétique. Avec tous les éléments que nous pouvons trouver dans des chef-d’œuvres d’art brut, il a été considéré comme le pionnier de ce style de création à Taïwan.


- 侯俊明 HOU Chun-Ming
Né en 1963 à Chiayi, TAÏWAN

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HOU Chun-Ming 侯俊明
« Horoscope-Capricorne»
« 12
星座‭-‬魔羯座»
serie de xylographies, 105 x 186 cm 2009.
紙版油印

Lauréat dès son entrée au Département des Beaux-Arts de l’Université Nationale de Taipei à Taïwan en 1982, HOU Chun-Ming a déjà eu des reconnaissances importantes au début de sa carrière d’artiste. Malgré une formation classique des arts plastiques, il a commencé pourtant dans les années 90 à créer des œuvres qui tentaient de bouleverser les tabous de la société taïwanaise. Par un esprit rebelle, il s’est démarqué très vite du milieu d’art contemporain de l’île, et a été choisi en 1995, à 32 ans, comme l’artiste représentant au Pavillon de Taïwan à la Biennale de Venise.

Les œuvres de HOU Chun-Ming sont au départ très marquées par des éléments choquants qui viennent surtout des influences de la culture locale à Taïwan, notamment les showbiz populaires ou les strip-teases en plein air. Elles sont également chargées des signes religieux ou légendaires des mythologies chinoises, telles “ Le Paradis érotique ” et “ A la quête des dieux ”. À travers des traits brutaux des gravures sur bois, l’artiste manipule avec des images des corps amputés ou des éléments d’organes sexuels fortement soulignés, pour montrer ainsi à quel point les corps humains peuvent être déformés à cause de notre attachement aux idées reçues. Accompagnés souvent des textes de type proverbial crées par l’artiste, ces œuvres manifestent ses tentatives pour dénoncer la pudeur absurde promue par la pensée confucéenne. Selon l’artiste, l’Homme subit non seulement le Jugement dernier, mais aussi des épreuves infinies à son vivant, puisque l’enfer est omniprésent. Néanmoins, après avoir vécu plusieurs étapes de vie difficiles, HOU Chun-Ming abandonne peu à peu des installations ou des gravures riches de palette rituelle, pour s’orienter vers des croquis et des écrits à la légère, résultats des pratiques personnelles des méditations au Mandala.


- MEI Dean-E 梅丁衍
Né en 1954 à Taipei, TAÏWAN

MDE1
MEI Dean-E 梅丁衍
« I-Den-Ti-Ty
 » « 哀敦砥悌ㄉ »
photographies contrecollées sur aluminium, 2006.
影像輸出

Formé au Département de Beaux-Arts à l’Université de Wen-Hua, MEI Dean-E est parti dans les années 80 aux États-Unis pour continuer ses études à Pratt Institute de New York. Pendant son séjour new-yorkais, il a été fasciné par le dadaïsme et s’est intéressé beaucoup aux questions de l’acculturation, de la politique et de l’identité, et il les a même appliqués dans ses engagements artistiques et sociaux pour sensibiliser la communauté où il vivait à l’époque. Après son retour en 1992 à Taïwan, il s’est lancé tout de suite dans les grands débats sur “ Qu’est-ce que c’est l’Art Taïwanais ? ”

Malgré son attachement à l’esprit dadaïste au départ, les changements du climat politique à Taïwan après le lever de la loi Martiale l’ont amené à se tourner vers des questionnements sur la politique. Avec la manipulation des langages et des signes, il s’attaque scrupuleusement à l’absence d’identité nationale des Taïwanais face à la Chine, que ce soit par la création d’un monde virtuel à partir des éléments historiques du pays, ou par l’installation des signes politiques disparates pour évoquer l’ambiguïté des relations entre les deux rives. D’un ton plus ou moins satirique, il met également en question la situation inégale entre les cultures occidentales et orientales, pour ainsi critiquer la persistance d’une certaine “ acculturation ” dans le temps actuel.

Contact :
Maison des cultures du monde
101 Boulevard Raspail 75006 Paris
Tél : (+33) 01 45 44 72 30

Centre culturel de Taïwan à Paris
78, rue de l’Université 75007 Paris
Tél : (+33) 01 44 39 88 39 Meg CHANG



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